Crise politique : des ministres belges ont démissionné

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Jusqu’à ce dimanche, le gouvernement belge était composé de 4 partis : le MR (francophone), le CD&V, l’Open VLD et la N-VA (flamands). Mais les membres N-VA ont décidé de démissionner. Voici pourquoi.

L’origine de la crise

Tout a commencé à cause du « pacte mondial pour la migration de l’ONU ». Il s’agit d’un texte de 34 pages qui contient 23 objectifs pour que les migrations se passent bien. Ces objectifs sont assez flous mais rappellent quelques principes : lutter contre les problèmes qui poussent les gens à quitter leur pays d’origine, lutter contre les passeurs (qui demandent une grosse somme d’argent aux migrants pour leur faire traverser les frontières de façon dangereuse), ne pas discriminer les migrants, etc.

Après avoir accepté tout ce qui se trouvait dans ce texte, la N-VA a finalement brusquement changé d’avis. Pourquoi? Parce que la N-VA fera de la migration le thème central de sa campagne électorale. Les prochaines élections fédérales, européennes et régionales auront en effet lieu en Belgique en mai 2019. Pour se faire réélire, la N-VA compte bien adopter une position ferme à l’égard de la migration. Ainsi, pas question pour elle, comme le voulait le texte, de « favoriser le regroupement familial » (qui permet à un migrant qui a reçu l’autorisation de rester en Belgique d’être rejoint par le reste de sa famille). La N-VA n’était pas contente non plus que ce texte ne fasse pas assez la différence entre la migration légale et illégale. Bref, elle a donc décidé de retirer son soutien au texte… qui est pourtant non contraignant ! Autrement dit, si la Belgique le signe, elle ne sera pas obligée de changer quoi que ce soit à sa politique actuelle.

La N-VA démissionne

Etant donné que ce texte n’est pas contraignant, les autres partis du gouvernement et de l’opposition n’ont pas compris le refus de la N-VA de signer ce pacte. Le gouvernement a tenté durant plusieurs semaines de trouver des solutions. Sans succès.

Finalement, Charles Michel, le Premier ministre, a décidé de marquer un grand coup mardi dernier, lorsqu’il a vu que la N-VA avait publié une campagne choc contre le pacte. Il a alors décidé de passer au-dessus de la N-VA et de demander au Parlement de soutenir le Pacte. Au Parlement, on retrouve tous les partis (y compris les partis de l’opposition qui souhaitaient pour la plupart que la Belgique signe le texte). Le Parlement a donc naturellement soutenu le Premier ministre et lui a demandé de se rendre à Marrakech (Maroc) pour s’engager en faveur du Pacte. La N-VA quant à elle a déclaré que si Charles Michel allait à Marrakech, elle quitterait le gouvernement. C’est ce qu’il s’est passé.

En voyant que Charles Michel était déterminé à aller au Maroc, les membres du gouvernement N-VA ont décidé de démissionner dimanche. Charles Michel a alors réorganisé le gouvernement et distribué les postes vacants aux trois autres membres du gouvernement : le MR, le CD&V et l’Open VLD. Après avoir fait cela, il s’est envolé au Maroc pour soutenir le Pacte, comme prévu.

Et maintenant?

La Belgique a actuellement un gouvernement minoritaire. On te l’a déjà expliqué, pour former un gouvernement, il faut que les partis au pouvoir aient la majorité des voix des électeurs. Puisque la N-VA s’est retirée, ce n’est plus le cas. On parle alors de « gouvernement minoritaire ». Cela veut dire qu’il pourra encore faire passer des mesures, mais en comptant soit sur le soutien de la N-VA (dans certains dossiers), soit sur le soutien de l’opposition (dans d’autres dossiers). Faire passer des mesures sera donc un peu plus compliqué qu’avant. Toutefois, étant donné que de nouvelles élections auront lieu en mai prochain, tout le monde est bien décidé à attendre ces élections et à ne pas en organiser tout de suite de nouvelles qui coûteraient cher.

 crédit : Didier Bauweraerts