Des dizaines de milliers de migrants tentent d’entrer en Europe depuis la Turquie

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La Turquie a annoncé vendredi avoir ouvert ses frontières avec l’Europe. Pourquoi a-t-elle pris cette décision? Qu’est-ce que cela signifie? Explications.

turquie Après avoir appris que la Turquie (en rouge sur la carte) ouvrait ses frontières avec la Grèce (en bleu), des milliers de migrants, principalement originaires de Syrie (mais également d’autres zones de conflits), s’y sont précipités. Leur but : entrer en Europe pour avoir une vie meilleure. Toutefois, la Grèce est bien décidée à ne pas les laisser passer. Pour les empêcher d’avancer, elle utilise contre eux des canons à eau (qui projettent de puissants jets d’eau), des grenades assourdissantes (qui créent un son très aigu) ou des grenades lacrymogènes (qui libèrent un gaz qui irrite les yeux).

Depuis que la Turquie a ouvert ses frontières, la Grèce a annoncé avoir empêché le passage de 10.000 (!) migrants, par la terre ou par la mer. Et ce, alors que selon la Turquie, 75.000 personnes devraient encore arriver à la frontière. Dans ces conditions, de nombreux incidents éclatent régulièrement entre migrants et policiers grecs. Face à cette situation très tendue, l’ONU a aussitôt appelé au calme.

Pourquoi la Turquie a-t-elle ouvert ses frontières?

Son but est d’effrayer l’Union européenne, et la pousser à lui fournir de l’aide en Syrie. Le régime syrien a en effet tué 34 militaires turcs au cours d’une attaque qui a eu lieu cette semaine en Syrie. Depuis, la Turquie a juré de se venger. Elle multiplie les bombardements en Syrie, mais souhaite également que l’Europe l’aide dans ce combat.

Pour la forcer à réagir, la Turquie a donc rouvert sa frontière avec la Grèce qui était fermée depuis 2016. A l’époque, l’Union européenne et la Turquie avaient conclu un accord. En résumé, la Turquie s’engageait à stopper l’arrivée quotidienne de milliers de migrants qui venaient en Europe via les îles grecques et à les accueillir sur son propre territoire. En échange, l’Europe devait lui verser une importante somme d’argent. Mais les choses ont changé. La Turquie a récemment prévenu qu’elle ne pourrait plus accueillir beaucoup d’autres Syriens qui fuient la guerre dans leur pays. Pour rappel, elle en accueille actuellement 3,4 millions. Sans compter tous les migrants issus d’autres zones de conflit. Elle exige donc une aide rapide de l’Europe en Syrie. Mais pour l’heure, l’Union européenne n’a toujours pas pris de décision à ce sujet.

crédit photo : abacapress