Des porcs victimes de maltraitance à l’abattoir de Tielt

TieltOK

L’organisation de défense des animaux Animal Rights a filmé pendant un mois au sein du plus grand abattoir de viande porcine de Belgique. Son film dénonce les mauvais traitements subis par les porcs. Les activités de l’abattoir sont pour le moment suspendues.

Avec l’arrivée des beaux jours, sans doute as-tu déjà eu envie de voir sortir le barbecue pour y faire griller des poivrons, du poisson ou encore quelques morceaux de viande?
Mais sais-tu comment ces aliments, et en particulier la viande, arrivent dans ton assiette?
Nous n’allons pas entrer dans tous les détails, mais tu dois savoir qu’une partie du bétail (vaches, porcs,…) élevé dans nos champs part pour l’abattoir; ces animaux y seront tués car ils sont destinés à être vendus en magasins pour notre consommation quotidienne.

Des images choquantes

L’abattage des animaux est un sujet délicat, qui fait l’objet d’une législation relative au bien-être animal. En gros, ce n’est pas parce que ces animaux sont destinés à être tués pour être mangés que l’on peut faire tout et n’importe quoi! Au contraire, des règles encadrent les procédures d’abattage et devraient être le gage que les animaux ne souffrent pas.

Pourtant, il n’est pas rare que des abattoirs soient pointés du doigt parce que des animaux y sont victimes de maltraitance.
Pour dénoncer ces abus, certaines organisations de défense des animaux n’hésitent pas à introduire en cachette des caméras afin de filmer ces délits.
Tout récemment, Animal Rights a diffusé des images particulièrement choquantes qu’elle a prises au sein du plus grand abattoir de viande porcine de Belgique, l’abattoir de Tielt situé en Flandre occidentale. Le film, d’une durée de cinq minutes, montre notamment les chocs électriques qui sont administrés aux porcs. En outre, « nous avons vu des porcs estropiés qui sont brutalement trainés par les oreilles. Un cochon qui n’est pas en mesure de pouvoir marcher est, lui, tiré hors du camion à l’aide de chaînes autour de ses pattes ». De plus, en dépit des dispositions légales en Flandre qui imposent d’étourdir les animaux avant l’abattage, « on peut voir sur les images à plusieurs reprises des porcs qui sont entièrement abattus sans étourdissement et égorgés », alerte encore l’organisation.
Enfin, certains porcs morts, durant le transport par exemple, sont quand même utilisés pour une future commercialisation alors qu’ils devraient en principe être retirés du marché. Dans le film, on entend un des travailleurs de l’abattoir déclarer: « si le vétérinaire ne le voit pas, un couteau en fera son affaire ».

Une pétition

Après la diffusion de ces images, les réactions n’ont pas tardé.
Le supermarché Delhaize, qui est un client important de l’abattoir de Tielt, a immédiatement mis un terme à sa collaboration avec l’abattoir.
Debra-Group, une des plus grandes entreprises d’abattage et de production de viande porcine en Belgique, qui détient l’abattoir de Tielt, a ouvert une enquête en interne. « Nous sommes très choqués par les images. Mais nous ne les nions pas. Il est clair qu’elles ont été tournées chez nous », a réagi le patron de Debra-Group, Thomas De Roover De Brauwer. « Nous suivrons cette affaire durant un certain temps. Nous souhaitons absolument nous assurer et garantir que ce genre de faits ne se reproduisent pas à l’avenir ». Des caméras supplémentaires devraient ainsi être placées à l’intérieur de l’abattoir afin d’éviter que des travailleurs commettent des actes indignes sur les animaux.
De son côté, le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA) a ordonné une inspection de l’abattoir de Tielt. « Les images montrent de nombreuses infractions à la législation sur le bien-être animal: des animaux incapables d’encore se déplacer, qui reçoivent de nombreux coups, des animaux agonisants qui ne sont pas achevés rapidement et un porc ébouillanté vivant », précise le ministre. « L’inspection rédigera un dossier que je transmettrai, accompagné des images, au parquet ». En attendant, il a ordonné de révoquer la licence de l’abattoir, suspendant de ce fait les activités.
Quant à Animal Rights, elle a lancé une pétition demandant la fermeture définitive de l’abattoir de Tielt. Elle a déjà rassemblé plus de 130 000 signatures.

Crédit photo: Reporters