Fidel Castro, le chef de la révolution cubaine, est mort à 90 ans

CastroOK

Après avoir régné pendant près de 50 ans sur l’île de Cuba, dans les Caraïbes, Fidel Castro s’est éteint vendredi à l’âge de 90 ans à La Havane, capitale de Cuba. Cuba a décrété neuf jours de deuil national pour rendre hommage à cette immense figure politique du 20e siècle.

Son nom ne t’évoque sans doute pas grand-chose. Mais tu dois savoir que Fidel Castro a marqué à jamais l’histoire politique mondiale du 20e siècle. Il joua, entre autres, un rôle clé dans le développement de la petite île caribéenne de Cuba ainsi que dans les relations entre les deux plus grandes puissances au monde: les Etats-Unis et l’URSS (Union soviétique) (aujourd’hui, on parle de l’ex-URSS ou de la Fédération de Russie). Voici quelques explications.

Qui est Fidel Castro?

Fidel Alejandro Castro Ruz voit le jour le jour le 13 août 1926 dans la petite ville de Biran, située à l’est de Cuba. Fils d’un propriétaire terrien aisé, Fidel Castro va au collège chez les jésuites puis étudie le droit à l’université de La Havane. Jeune avocat, il prend très vite goût à la politique: en 1950, le général (un militaire) Fulgencio Batista prend le pouvoir à Cuba par un coup d’Etat, c’est-à-dire qu’il prend le pouvoir par la force, avec l’aide de l’armée, en violation de la Constitution. Pourtant, Batista est soutenu par un acteur extérieur important: les Etats-Unis.

Le combat politique de Fidel Castro

Fidel Castro tente d’abord de combattre Batista sur le front judiciaire, mais il échoue. Il ne lui reste qu’une solution: prendre les armes. Mais Castro n’y connaît pas grand-chose dans ce domaine. Le 26 juillet 1956, il tente de s’emparer de la caserne Moncada à Santiago, la deuxième ville la plus importante de Cuba, avec une centaine d’insurgés (c’est-à-dire d’autres Cubains qui, comme lui, se révoltent contre Batista). Mais c’est un échec: trois rebelles sont tués tandis que 68 autres sont exécutés après s’être rendus. Fidel Castro est, lui, condamné à 15 ans de prison, mais est libéré après deux ans. Il quitte alors l’île de Cuba avec son frère Raoul Castro pour le Mexique. C’est là qu’il rencontre un médecin argentin, Ernesto « Che » Gevara, qui deviendra une autre figure importante de la politique latino-américaine.
Mais Fidel Castro est déterminé à revenir à Cuba. En décembre 1956, il embarque avec 81 rebelles à bord d’un petit bateau, le « Granma », en direction de Cuba. Mais au moment de débarquer sur l’île, ils sont attendus par des hommes de Batista. Pourtant moins nombreux, Fidel Castro et ses hommes ne se rendent pas. Ils sont 16 à survivre et se réfugient dans les montagnes de la Sierra Maestra.
Très vite, Fidel Castro et ses hommes sont rejoints par des paysans de la province puis des citadins, qui n’en peuvent plus du régime de Batista. Ils sont bientôt 800 « barbudos » (cela signifie « barbus » en espagnol; c’est le surnom qui est donné à Fidel Castro et à ses hommes qui organisent la révolution contre Batista) à vouloir renverser Batista. Sur l’île de Cuba, la révolte monte: Batista est lâché par les Etats-Unis. Il fuit Cuba le 31 décembre 1958.

Embargo américain et soutien russe

En janvier 1959, le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro entre en fonction. Il est immédiatement reconnu par les Etats-Unis. Castro prend ses premières mesures, dont une réforme agraire, avec une redistribution des terres par l’Etat (on parle de « nationalisation des terres ») aux plus démunis, visant à corriger les inégalités sociales. Les raffineries (c’est-à-dire les entreprises) de pétrole américaines qui ont été expropriées refusent de fournir du carburant à Cuba. Fidel Castro se tourne alors vers l’URSS, qui accepte de lui fournir du pétrole. En septembre 1960, Washington impose un embargo contre Cuba, c’est-à-dire que les Etats-Unis interdisent toutes relations commerciales, économiques et financières avec Cuba. L’interdiction, par exemple, d’importer ou d’exporter des marchandises entre les deux pays…La quasi impossibilité pour les Américains de se rendre à Cuba. L’objectif? Isoler Cuba et faire en sorte que le régime de Fidel Castro tombe. Cinquante ans plus tard, l’embargo des USA est toujours en vigueur et le régime de Fidel Castro n’a jamais failli.
Les Etats-Unis tentent bien encore de renverser Castro, mais en vain. Les Russes soutiennent Castro: en 1962, la Russie installe même des missiles nucléaires à proximité de l’île pour dissuader les USA de tout renversement politique à Cuba. Les deux plus grandes puissances d’alors au monde – USA et URSS ­- sont au bord du conflit nucléaire. Finalement, la Russie retire ses missiles contre la promesse des Etats-Unis de ne pas envahir Cuba.

Fidel Castro et le communisme

En décembre 1961, Fidel Castro annonce que Cuba est communiste. Quatre ans plus tard, en 1965, il fonde le Parti communiste de Cuba (PCC).

Un niveau de vie plus élevé

Le régime de Fidel Castro a considérablement élevé le niveau de vie des Cubains, permettant ainsi d’atteindre un taux d’alphabétisation de plus de 99% et de rendre les soins de santé accessibles à tous. Et ce, malgré l’effrondement du principal allié de Cuba, l’URSS, en 1991. Cuba pourra, en effet, tenir le choc, en s’ouvrant notamment au tourisme.

Fidel Castro et son frère Raoul

En 2006, à la suite de graves problèmes de santé, Fidel Castro cède la main à son frère Raoul. Une transition qui permet, en 2016, à l’actuel futur ex-président américain Barak Obama, de se rendre pour une visite historique à Cuba, amorçant une levée de l’embargo.

Décédé vendredi à l’âge de 90 ans, Fidel Castro a été incinéré samedi. Ses cendres seront transportées à travers toute l’île de Cuba du 30 novembre au 3 décembre, avant d’être enterrées le dimanche 4 décembre à Santiago, la ville qui fut le berceau de la révolution cubaine.

Crédit photo: Reporters