La mort d’un homme noir lors d’un contrôle de police bouleverse les Etats-Unis

minneaBON

La mort de George Floyd lors d’un contrôle de police a embrasé les Etats-Unis. Des manifestations ont actuellement lieu dans plusieurs grandes villes pour dénoncer les violences policières et le racisme. Explications.

Il est 20h, le 25 mai dernier, lorsque la police de Minneapolis (Etats-Unis) est appelée pour une intervention. Un Afro-Américain de 46 ans, prénommé George Floyd, est suspecté d’avoir payé ses achats dans une épicerie avec un faux billet de 20 dollars. Quelques minutes plus tard, les quatre policiers retrouvent l’homme en question. Ils l’arrêtent, le menottent et le conduisent vers leur voiture. L’homme ne tente à aucun moment de s’échapper mais tombe à plusieurs reprises. Lors d’une énième chute, il est plaqué au sol par un policier qui pose son genou contre sa nuque pour l’empêcher de bouger. Les cris de l’homme alertent alors les passants qui se mettent à filmer la scène. « I can’t breathe », (en français, « je ne peux plus respirer »), hurle-t-il à plusieurs reprises. Mais rien n’y fait, le policier continue à le plaquer au sol avec son genou. Au bout de dix minutes, George Floyd est embarqué dans une ambulance mais il décèdera avant même d’arriver à l’hôpital.

Cette tragique histoire en rappelle malheureusement d’autres. « C’est le dernier d’une longue série de meurtres d’Afro-Américains non armés commis par des policiers américains », a réagi Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

Des manifestations dans tout le pays

Suite à la publication de la vidéo de l’arrestation de George Floyd, des milliers d’Américains se sont réunis le jour-même à Minneapolis pour manifester contre les violences policières et le racisme. Bien vite, le mouvement a été suivi dans des dizaines de grandes villes américaines (New York, Philadelphie, Los Angeles, Dallas, Seattle, Miami, Chicago…). Sur les pancartes des participants, on peut lire « arrêtez de nous tuer », « je ne peux plus respirer » ou encore « la vie des Noirs compte ». Ce dernier slogan, qui se traduit en anglais par « Black lives matter » est une référence au nom d’un mouvement anti-racisme né en 2013 aux Etats-Unis.

Malheureusement, à plusieurs endroits, les manifestations d’abord pacifistes ont finalement dégénéré. Des affrontements ont eu lieu entre police et manifestants. Des commerces ont été pillés, des voitures ont été brûlées. Un homme a même été retrouvé mort à côté d’une voiture en feu à Minneapolis. Si les autorités américaines comprennent la colère des manifestants, elles ne tolèrent pas les vols et les violences. Depuis plusieurs jours, des couvre-feux ont été instaurés dans plusieurs villes et des soldats de la Garde nationale ont été appelés en renfort pour rétablir l’ordre.

Que va-t-il se passer?

Les choses n’ont pour l’instant pas l’air de se calmer. L’arrestation du policier qui avait maintenu George Floyd au sol n’a pas apaisé les manifestants. D’autant qu’il a fallu attendre plusieurs jours pour que le policier en question soit arrêté. Les manifestants, en colère, réclament que justice soit faite, dans ce cas-ci mais aussi pour tous les autres meurtres qui ont été commis par la police. Ils en ont marre du racisme et des discriminations dont sont victimes les Noirs aux Etats-Unis. Ils sont soutenus dans leur combat par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux et dans le monde entier.

crédit photo : afp