L’enfermement d’enfants migrants en Belgique fait polémique

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Environ 1500 personnes se sont rassemblées dans plusieurs villes de Belgique vendredi dernier pour protester contre l’enfermement des enfants migrants. Explications.

Depuis le 11 août dernier, la Belgique autorise l’enfermement de familles de migrants dans son centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel (Brabant flamand).

C’est quoi un centre fermé?

Il s’agit d’un espace où les migrants qui n’ont pas tous les papiers les autorisant à rester en Belgique sont enfermés. Certains attendent de savoir s’ils pourront rester en Belgique, d’autres attendent d’être expulsés vers leur pays d’origine. En tous les cas, ces personnes ne peuvent pas sortir de ce centre, raison pour laquelle on le compare parfois à une prison.

Les familles, elles, sont placées dans des sortes de maison avec un jardin où les enfants peuvent s’amuser. Mais elles n’ont pas le droit de quitter cette maison !

Pourquoi enfermer des enfants?

Le gouvernement a expliqué que ce centre était destiné aux familles qui avaient reçu plusieurs fois l’ordre de quitter la Belgique mais qui y restaient quand même. Placer ces familles dans un centre fermé permet donc aux autorités de vérifier qu’elles ne s’enfuient pas et qu’elles rentreront bien dans leur pays d’origine.

Je ne prends pas cette décision par plaisir. Personne n’aime voir un enfant enfermé”, a déclaré Theo Francken, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration. “Il s’agit de la dernière solution possible, pour ceux qui refusaient de rentrer dans leur pays et qui restaient illégalement en Belgique.”

« On n’enferme pas un enfant »

Plus de 300 associations ont immédiatement protesté contre l’enfermement des enfants. “On n’enferme pas un enfant. Point”, ont-elles répondu au gouvernement. Elles expliquent en effet que les enfants ne sont pas responsables de leur situation et ne devraient donc pas être enfermés.

Selon plusieurs psychologues, il s’agit d’une expérience très traumatisante pour un enfant. La pédiatre Paulette De Backer a pu rendre visite à la première famille arrivée en centre fermé : une mère serbe et ses enfants de 6 ans, 5 ans, 4 ans et 1 an. “La plus grande fait des cauchemars, elle s’inquiète pour sa maman qui est très triste et qui ne mange presque pas. Ces enfants ont un sentiment d’injustice. Ils sont nés en Belgique et ont peur d’aller en Serbie, dans un pays qu’ils ne connaissent pas”.

crédit : Didier Bauweraerts