Thomas Pesquet, de la Normandie à l’espace

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Le jeune astronaute français est resté six mois et demi dans l’espace, à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il est rentré sur Terre le vendredi 2 juin, plus déterminé que jamais à protéger notre planète, dont il a posté de nombreuses photos sur les réseaux sociaux depuis l’espace.

« C’est vraiment comme un petit accident de voiture, avec des tonneaux. Nous avons touché le sol de manière assez dure. Ensuite la capsule a un peu roulé jusqu’à ce qu’elle se stabilise. » Vendredi 2 juin, l’astronaute français Thomas Pesquet a fait son retour sur Terre à bord d’un vaisseau russe Soyouz qui a atterri à 16h10 au Kazakhstan.
Parti pour la Station spatiale internationale (ISS) en novembre 2016, le jeune homme est resté 196 jours dans l’espace, soit près de six mois et demi!

Qui est Thomas Pesquet?

Agé de 39 ans, Thomas Pesquet est le plus jeune astronaute européen de l’histoire.
Originaire de Normandie, dans le nord de la France, Thomas est, tout petit déjà, « fan d’espace ». Bon élève, il étudie les sciences avant d’intégrer une prestigieuse école d’ingénieurs spécialisée dans l’aéronautique et l’espace. Il débute sa carrière en Espagne comme ingénieur puis part travailler pour le Centre nationale d’études spatiales (Cnes). Parallèlement, il entame une formation de pilote d’avion de ligne.
En 2008, l’Agence spatiale européenne (Esa) ouvre un nouveau recrutement. Thomas Pesquet pose sa candidature. Il est sélectionné parmi plus de 8400 candidats pour faire partie du nouveau contingent des astronautes européens. Il a 30 ans.
Commence alors pour lui un très long entraînement. En 2014, il est prêt et est désigné pour participer à son premier vol dans l’espace: une mission scientifique de six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

En quoi consiste sa mission?

En 196 jours à bord de l’ISS, Thomas a parcourru plus de 127 millions de kilomètres!
Il a pris part à la mission « Proxima », du nom de l’étoile qui se trouve le plus près du soleil.
En qualité d’ingénieur de bord, Thomas a participé à une soixantaine d’expériences scientifiques, dont certaines étaient centrées sur l’étude de l’impact des vols dans l’espace sur la physiologie humaine, c’est-à-dire à la façon dont réagit le corps humain lorsqu’il se trouve dans les conditions de vie de l’espace. « La mission Proxima est une réussite car toutes les expériences ont été réalisées et ont fonctionné », s’est félicité Sébastien Barde, chef de projet de la mission « Proxima » et sous-directeur sciences et exploration au Cnes. « Thomas Pesquet a été le premier sujet d’une étude neurologique en micro-gravité et d’une autre sur l’atrophie musculaire. Ces études s’inscrivent sur plusieurs années puisque des mesures doivent être prises sur d’autres sujets ».
Thomas a aussi conduit pour le Cnes des expériences technologiques en testant des innovations françaises destinées à améliorer les conditions de travail dans la station, telles qu’un système de mesure de la potabilité de l’eau.

Et après?

« C’est difficile de retourner sur Terre, de retrouver la gravité qu’on n’a pas connue pendant six mois », a confié Thomas dans une vidéo réalisée par l’Esa. « Chaque mouvement est un peu difficile. Le système d’équilibre ne marche pas très bien. C’est pour cela que j’ai des médecins qui m’aident. Mais sinon, ça va. Je suis content d’être revenu. Je me réadapte petit à petit. Je me sens très, très bien ».
Après 196 jours passés dans l’espace à « flotter comme un papillon », comme il décrit, son corps doit se réadapter. De fait, Thomas a perdu de la masse musculaire, c’est-à-dire que ses muscles ont diminué, et de la densité osseuse (ses os sont moins épais). Le jeune homme est donc surveillé par des médecins, qui vont réalyser toute une série de tests médicaux dans un but scientifique.
Quand il était en orbite, Thomas a pu observer notre planète chaque jour à 400 km de haut. Emerveillé, il a posté de nombreuses photos sur les réseaux sociaux. « La première chose dont il faut se rendre compte, c’est de la beauté de la Terre. Si les gens arrivent déjà à faire cela, tant mieux! », déclare-t-il. Après avoir vu « la fragilité de la terre », il souhaite désormais « inciter les gens à en faire plus pour l’environnement ».

Crédit photo: Reporters