Un enfant sur quatre dans le monde est victime d’un conflit ou d’une catastrophe

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Créé en 1946, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a fêté dimanche 70 ans. L’occasion de dresser le bilan de son action.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l’Europe est détruite, anéantie. Elle compte ses morts et ses blessés; elle doit se reconstruire, se relever. Tout manque, en premier lieu la nourriture et les médicaments. Des milliers et des milliers d’enfants sont orphelins ou ont perdu l’un de leurs parents. La maladie et la famine guettent. C’est dans ce contexte que les Nations unies (Onu), créées en 1945, décident de fonder le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Objectif? Fournir aux enfants une aide d’urgence et ce, quelle que soit leur race, religion, nationalité, statut ou opinion politique.

Actif dans 190 pays

Très vite, l’Unicef étend son action via un programme d’alimentation puis en-dehors des frontières européennes: elle intervient en Palestine, en Asie, en Amérique latine et en Afrique subsaharienne.

Face à l’ampleur des besoins, l’Unicef est intégré de manière permanente au sein de l’Onu en 1953. Au fil du temps, il oeuvre sur plusieurs fronts: la lutte contre la tuberculose, la polio et, plus récemment, le paludisme et le sida; les enfants enrôlés dans l’armée, l’éducation;…

Aujourd’hui, l’Unicef est actif dans 190 pays et territoires et compte environ 13 000 travailleurs.

Des progrès!

C’est un fait: les conditions de vie des enfants se sont améliorées! On pointera ici trois progrès majeurs depuis 1990:
1° le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a été plus que divisé par deux;
2° des centaines de millions d’enfants sont sortis de la pauvreté;
3° le taux de non-scolarisation des enfants en âge d’aller à l’école primaire a baissé de plus de 40%.

535 millions d’enfants victimes des conflits…

Néanmoins, 70 ans après sa création, l’Unicef garde toute sa raison d’être. En effet, en 2016, près d’un quart des enfants dans le monde, soit quelque 535 millions, vivent toujours dans des pays touchés par des conflits ou des catastrophes. Ces enfants sont « souvent privés de soins médicaux, d’une éducation de qualité et d’une nutrition et d’une protection adéquates », explique l’Unicef. Parmi eux, une large majorité, environ 393 millions, vivent en Afrique subsaharienne, « en situation d’urgence ».
A cause des conflits, des catastrophes naturelles et des changements climatiques, « les enfants sont contraints de fuir de chez eux, se retrouvent bloqués derrière les lignes de conflit et sont exposés aux risques de maladie de violence et d’exploitation ». Actuellement, près de 50 millions d’enfants ont été déracinés de chez eux, la moitié en raison des conflits. D’autres sont restés chez eux. Ainsi, le nombre d’enfants vivant dans une zone assiégée a doublé en moins d’un an. C’est notamment le cas en Syrie (photo), où près de 500 000 enfants vivent dans 16 zones assiégées, « presque complètement coupés d’une aide humanitaire et de services essentiels ininterrompus ».

… Et des catastrophes naturelles

Si l’on parle beaucoup de la Syrie, tu ne dois pas oublier que la guerre sévit dans d’autres régions du monde. Près de 10 millions d’enfants sont ainsi victimes des conflits au Yémen et en Afghanistan, près de la moitié des enfants en âge d’aller à l’école sont complètement déscolarisés.
Sans oublier les catastrophes naturelles, comme le passage de l’ouragan Matthew en octobre dernier en Haïti où, aujourd’hui, plus de 90 000 enfants de moins de cinq ans ont toujours besoin d’aide.

Autant de « situations d’urgence » qui « menacent de compromettre les progrès considérables réalisés au cours des dernières décennies », s’inquiète l’Unicef.

Crédit photo: Reporters