Un incendie détruit un camp de réfugiés en Grèce

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Des milliers de réfugiés ont tout perdu. Ils sont aujourd’hui contraints de vivre dans la rue. Explications.

Capture d’écran 2020-09-14 à 11.10.41Mardi et mercredi, des incendies ont éclaté dans le camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Heureusement, le feu n’a pas fait de victimes. Mais les 12.700 personnes qui y vivaient ont dû être évacuées. La plupart ont perdu le peu qu’elles avaient dans les flammes. Bloquées sur l’île, elles sont aujourd’hui obligées de dormir dans la rue, parfois même sans tente.

Face à cette situation dramatique, l’Union européenne a été forcée de réagir. 10 pays européens, dont la Belgique, ont accepté de se partager l’accueil de 400 migrants mineurs. De nombreux pays européens ont également envoyé du matériel.

La Grèce a quant à elle promis de construire un nouveau camp qui sera prêt « dans cinq jours ». Mais beaucoup de réfugiés ne veulent pas y aller. Certains attendent de savoir s’ils peuvent trouver asile en Europe depuis plusieurs années. Ils en ont ras-le-bol. Ils ne veulent plus revivre ce qu’ils ont vécu à Moria.

L’enfer de Moria

A Moria, la situation était en effet déjà problématique bien avant l’incendie. Mis en place en 2015, ce camp avait pour but d’étudier les demandes d’asile des réfugiés, afin de savoir s’ils pouvaient venir en Europe ou s’ils devaient être renvoyés en Turquie. Mais des milliers de personnes se sont retrouvées coincées en attendant (parfois des années) une décision.

Au moment de l’incendie, le camp accueillait 12.700 demandeurs d’asile (dont 4.000 enfants), 5 fois plus que la capacité maximale du camp ! A l’intérieur, cette surpopulation avait pour conséquence des conditions de vie extrêmement difficiles. « C’est horrible, ici, je suis toujours sale, j’ai toujours faim et surtout j’ai peur. La nuit, il y a des bagarres », expliquait il y a quelques mois Mahathi, un jeune Afghan de 15 ans. Pour te donner une idée, à l’intérieur du camp, il y avait une toilette pour 80 personnes et un robinet d’eau potable pour 1300 personnes. Les gens devaient donc faire la file pendant des heures pour y accéder.

Ces derniers mois, l’épidémie de coronavirus en a rajouté une couche. Les réfugiés ont en effet été confinés à l’intérieur du camp, ce qui a aggravé la situation. La semaine dernière, après la détection d’un cas de coronavirus, le camp avait été mis en quarantaine. Si l’origine du feu n’est pour l’instant pas connue, elle est certainement la conséquence des mauvaises conditions de vie à l’intérieur. La catastrophe qui a eu lieu était donc prévisible. Elle montre également que l’Union européenne n’a pas réussi à gérer correctement l’arrivée de réfugiés sur son territoire.

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